Demain ... Une autre théologie !
Vivre autrement sa relation à ce qui nous dépasse.
Il ne s'agit pas de construire de nouveaux plaidoyers ou réquisitoires pour ou contre l'athéisme ou le théisme, aussi puérils et absurdes l'un que l'autre.
Il ne s'agit plus de parler de Dieu (ou de ses miettes appelées "les dieux"), ni des mythologies anthropomorphes dont l'imagination et le babil humains l'ont revêtus. Il faut d'ailleurs bannir le mot "Dieu" et parler du "Divin" ou du "Mystère", ou du "Réel", ou du "Un".
"Dieu", au sens classique, est un leurre, une projection verbale de l'Ineffable qui dépasse l'homme, sur l'écran des pauvres mots humains.
Qu'il faille des mythes et des symboles pour mieux avancer sur les voies de l'Alliance, c'est souvent vrai ... à la condition expresse que ces mythes et symboles soient bien compris comme de pures inventions humaines totalement étrangères à la réalité et à son historicité.
Car voilà le mot-clé lâché : "Alliance" ... la clé de toute spiritualité est de réussir à sceller l'Alliance personnelle et collective, entre l'humain et le Divin, entre la partie et le Tout, entre le vécu et l'Ineffable, entre les relatifs et l'Absolu, entre les temporalités et l'Intemporel, entre les vies et la Vie, entre les pensées et l'Esprit,
L'Alliance sous-entend la "reliance", le fait de vivre sa propre vie et de penser sa propre pensée, en étroite connivence et cohérence avec le Tout de la Vie unique et de le l'Esprit unique qui sont l'Âme du Réel-Divin, aussi mystérieux qu'ineffable.
Depuis des millénaires, c'est la peur de la mort qui a été lé guide de toutes les tentatives religieuses, par l'imitation de tel saint homme, par l'obéissance à tel sainte règle, par la récitation de telles saintes oraisons, par la pratique de tels saints rites, etc ... Rendre la vie personnelle éternelle ! Mais pour quoi faire ?
Le concept de "résurrection des morts" est une absurdité ! A la limite, quoique passablement infantile, l'idée farfelue de l'immortalité d'une âme personnelle dans un "autre monde" pourrait être amusante, malgré son immense naïveté et la vacuité de sa nécessité.
Mais la résurrection des corps est, non seulement biologiquement risible, mais concrètement absurde : à quel âge ressusciterait-on ? Dans quel monde archi-surpeuplé ? Pour y faire quoi ?
La Vie, comme force vitale universelle, par les vaguelettes qu'elle produit à la surface de l'océan du Réel-Tout-Un-Divin, n'est pas une valeur en soi ; elle n'est que le moteur de l'Accomplissement de ce qui nous dépasse. Une "vie humaine éternelle" serait aussi lassante qu'inutile.
Et puis, quel ennui pour des humains, si limités, de devoir, à l'infini, toujours côtoyer les mêmes cons, les mêmes actes, les mêmes situations, les mêmes problèmes, les mêmes aléas, etc ... Cette "vie éternelle-là" serait un vrai enfer.
Voilà ce que serait la vraie damnation : devoir revivre éternellement ... et tourner en rond à l'intérieur de ses propres limites.
Il semble qu'une bien meilleure approche séparerait nettement les spiritualités de l'Alliance (ici et maintenant) et les religions du Salut (plus tard et ailleurs) ; la Foi spirituelle (confiance et fidélité) en la réalité de l'Alliance à construire, doit dépasser et faire oublier les Croyances religieuses (dogmes et mythes) en un hypothétique Salut à mériter.
Il n'existe pas de "jugement dernier", de "jugement divin" comme bilan de clôture d'une vie terrestre. Il y a bien, en revanche, une évaluation permanente de chaque existence et de sa contribution réelle à l'Accomplissement du Divin dans son monde. Il n'y a pas de "punition" ; seulement des conséquences immédiates et mécaniques des manques et manquements, non aux yeux des humains, mais aux yeux de la Vie et de l'Esprit divins.
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